Alimentation : Une loi mi-figue, mi-raisin

Qu’en est-il du « changement profond de paradigme » annoncé par le Président en octobre 2017 à Rungis ?

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Mille amendements discutés en seconde lecture à l’Assemblée nationale, des heures de débat jusque tard dans la nuit… Mais qu’en est-il du « changement profond de paradigme » annoncé par le Président en octobre 2017 à Rungis ? Le projet de loi alimentation a enchaîné le rejet de mesures phares. Refus d’interdire les fermes-usines, de mettre en place un étiquetage des modes de production, des pesticides ou des OGM… sauf pour les huîtres. Refus de réglementer l’épandage de pesticides à proximité des habitations et d’inscrire l’interdiction du glyphosate d’ici à 2021.

Le ministre de l’Agriculture préfère miser sur une « task force » chargée de développer des solutions agronomiques. Mais un « fonds d’indemnisation des victimes de maladies liées aux produits phytopharmaceutiques » sera créé avant 2020. Quant au plastique, il a du plomb dans l’aile. Les couverts et contenants jetables seront bannis, tout comme les « contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en matière plastique » dans les cantines… entre 2025 et 2028. Les enfants pourront encore absorber des perturbateurs endocriniens pendant quelques années, même si leurs assiettes contiendront plus d’aliments bio et au moins un repas végétarien par semaine, « à titre expérimental ».

Alors que s’ouvre le procès de l’abattoir de Mauléon-Licharre, dont l’association L214 avait révélé les images, l’obligation de la vidéosurveillance dans les abattoirs avait été balayée en mai dernier au profit d’une « expérimentation » (encore une !). Cette fois, les députés ont adopté deux amendements réclamant un rapport sur les conditions de transport des animaux et sur les alternatives au broyage des poussins. Les décisions radicales arriveront sûrement quand les poules pondeuses, toujours en cage, auront des dents…


Haut de page

Voir aussi

La bataille de l’information

Éditorial accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents