« Au-delà des ténèbres », de Simon Abkarian : Tragédie authentique

Une ample fresque de Simon Abkarian sur les réfugiés des guerres du Proche-Orient.

Simon Abkarian rappelle volontiers que c’est grâce à Nicolas Sarkozy qu’il s’est mis à écrire : le comédien a jugé le langage de l’ancien président français si médiocre, si indigne d’une culture aussi riche que celle de la France, qu’il a décidé, lui l’Oriental né en banlieue parisienne d’une famille venue d’Arménie, de devenir un auteur de théâtre. Depuis ­Pénélope, ô Pénélope, en 2009, malgré ses nombreux rôles au cinéma, il a beaucoup écrit.

Cette rentrée, Ariane Mnouchkine, qui a souvent dirigé Abkarian dans les spectacles du Soleil, accueille Au-delà des ténèbres, qui n’est pas un nouveau texte mais la réunion de deux œuvres dramatiques déjà jouées, Le Dernier Jour du jeûne et L’Envol des cigognes. Le spectateur peut voir les deux parties séparément ou dans une intégrale donnée le week-end. Avec les entractes, la version complète dure huit heures. Le rythme des grandes sagas du Soleil est retrouvé !

La mythologie antique hante Abkarian, mais il n’écrit pas de fausses tragédies antiques. Les thèmes d’avant Jésus-Christ tournoient dans sa tête, et le parler théâtral des Grecs de jadis lui donne une musique, une ­inspiration, une dimension. Question de souffle : Abkarian respire et fait danser les mots comme les auteurs et le peuple d’Épidaure. Mais il parle de « tragicomédie », et même de « tragicomédie de quartier méridional » : on rit et on pleure sur sa Méditerranée moderne.

Il reste 45% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents