« Coincoin et les Z’inhumains », de Bruno Dumont : Total foutraque
Après P’tit Quinquin, Bruno Dumont revient sur Arte avec une nouvelle saison déjantée, Coincoin et les Z’inhumains. Avec le même esprit de folle et tendre comédie policière, hors norme.
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Dans la saison 1, diffusée en 2014, le téléspectateur croisait une vache morte dans un blockhaus, un corps de femme sans tête dans les entrailles. « La bête humaine », quoi. Sans se mettre à « philosopher », on entrait au « cœur du mal », prélude à une série de crimes dans les pourtours côtiers du Boulonnais.
Face à un duo de policiers besogneux, caricature d’une gendarmerie française à la fois pathétique et burlesque, le commandant Van der Weyden et son adjoint Carpentier, vrais branques et faux caves (quoique ne manquant pas de perspicacité sur leurs propres réflexions et conclusions), lancés vent debout dans une enquête extravagante, on croisait aussi une bande de petites frappes, des marioles de campagne à l’accent du Nord haut perché, francs garnements et bouseux chenapans, emmenée par P’tit Quinquin (Alane Delhaye), formidable tête de mule, déconneur et déconnant, retors à l’ordre sauf à sa dulcinée, la petite Ève.
Bruno Dumont répondait ainsi à une proposition d’Arte, « réalisant ce que je n’avais jamais fait, dit-il aujourd’hui : une comédie, en travaillant sur le dérèglement de l’interprétation ». Après La Vie de Jésus et L’Humanité, c’est pour lui une « révolution copernicienne. Il fallait faire quelque chose de drôle sans pour autant écrire quelque chose de débile, être corrosif et rire de nous. Cela a été une manière de me régénérer ».
Tirant les ficelles de ses marionnettes, Bruno Dumont flirtait alors
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