Dossier : Rencontre : François Ruffin fait sa révolution verte

« Fakir », canard sauce piquante

De l’université d’Amiens à l’Assemblée nationale, le journal suit son fondateur et connaît, comme lui, une renommée nationale.

Il dit n’avoir pas vu de rupture en passant du statut de journaliste à celui d’élu de la République. Après tout, François Ruffin ne se définit-il pas lui-même comme « député-reporter » ? « Lorsque je propose un texte, je pré-enquête en auditionnant les personnes concernées, exactement comme je l’aurais fait pour un article », explique-t-il. D’ailleurs, il continue d’écrire et de diriger Fakir, le trimestriel qu’il a fondé en 1999 en revendiquant un journalisme d’action. « Nous informons et voulons faire changer les choses, car, à nos yeux, constater ne suffit plus », déclare Cyril Pocréaux, journaliste et membre de l’équipe depuis dix ans.

Difficile d’évaluer le nombre de ceux qui travaillent à Fakir. Si une petite dizaine sont salariés à temps complet ou partiel (dont quelques assistants parlementaires de François Ruffin), la grande majorité sont bénévoles. Surnommés les « Petites Mains fakiriennes », ce sont eux qui signent l’édito et promettent « de ne pas quitter les locaux tant que le journal ne sera pas bouclé et la Constitution modifiée ». Parmi eux, il faut aussi prendre en compte les « préfets » fakiriens, qui vendent le journal dans leur ville ou alertent la rédaction sur certains sujets. « On est un peu une multinationale, plaisante Cyril Pocréaux. Le siège est à Amiens, mais on a implanté des antennes dans d’autres villes. »

Le journal précise aussi être apartisan, quand bien même son rédacteur en chef siège à l’Assemblée nationale. « Je n’y vois pas de contradiction », souligne ce dernier, citant Jaurès, Camille Desmoulins ou Vallès, d’autres politiques ayant exercé le métier de journaliste. Mais c’est surtout son indépendance économique qui permet à Fakir d’affirmer sa liberté d’expression. Vendu entre 80 000 et 87 000 exemplaires, en plus des livres édités dans sa maison d’édition, le trimestriel s’évite ainsi la publicité dans ses pages, et donc une ligne orientée par des annonceurs. D’autant que, si les sujets de Fakir sont éminemment politiques, le journal affirme ne pas traiter de la « politique politicienne ».

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