« La Reprise », de Milo Rau : Scène du quotidien

Dans La Reprise, Milo Rau, continue de mettre le théâtre à l’épreuve de la violence de l’époque.

Pour Milo Rau, le théâtre se doit d’être lié aux grandes tragédies de l’époque. Il est censé pouvoir interroger les mécanismes du pire tout en questionnant son pouvoir de les enrayer. Dans Hate Radio, par exemple, il reconstituait une émission de la Radio-télévision libre des Mille Collines (RTLM), qui appelait quotidiennement les Hutus à éradiquer les Tutsis. Avec Five Easy Pieces, il créait la polémique en mettant des enfants en scène dans une pièce consacrée à l’affaire Dutroux, tandis que son triptyque composé de The Civil Wars, Dark Ages et Empire sondait, à travers la biographie de quatre acteurs, les zones les plus sombres de l’histoire européenne récente. À chaque fois différent, le frottement entre le théâtre et l’extérieur suscite un trouble.

Créé au NTGent, dont Rau, depuis, a pris la direction, puis joué au Tandem à Douai et au Festival d’Avignon avant d’arriver au Festival d’automne, La Reprise, Histoire(s) du théâtre (I) est une nouvelle pelletée dans l’insoutenable. Cette fois, Milo Rau s’intéresse au meurtre en avril 2012, à Liège, d’Ihsane Jarfi, un jeune homosexuel qui fêtait l’anniversaire d’un ami. Mais, cela, La Reprise ne le dévoile que lentement, au fil des témoignages des six interprètes sur leur rapport au théâtre en général et le processus de création du spectacle en particulier. Depuis le casting organisé par le metteur en scène pour trouver des comédiens prêts à se confronter à la violence du sujet jusqu’à la reconstitution finale de la scène de meurtre.

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