Visa pour l'image : Un Yémen en pièces

À Perpignan, Véronique de Viguerie expose son travail sur les conséquences humanitaires terrifiantes d'une guerre peu couverte par les médias traditionnels.

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C’est l’un des premiers prix remis lors de cette trentième édition du festival international de photojournalisme Visa pour l’image, à Perpignan, celui du Visa d’or humanitaire 2018 du Comité international de la Croix-Rouge, à Véronique de Viguerie, saluant son travail, intitulé ainsi : « Yémen, la guerre qu’on nous cache ». Assurément, c’est là un conflit peu couvert par les grands médias. Parce que c’est loin, parce que les journalistes ont beaucoup de mal à obtenir un visa, sont empêchés de se déplacer, parce qu’il convient de vivre dans une stratégie de contournement pour faire tout simplement son boulot, rendre compte des tensions qui existent depuis trois ans entre les loyalistes soutenus par l’Arabie saoudite et les rebelles houthistes, soutenus par l’Iran.

© Politis

Une année, c’est le temps qu’il a fallu au duo Véronique de Viguerie et Manon Quérouil-Bruneel, reporter indépendante (toutes deux travaillent ensemble depuis une dizaine d’années), pour accéder au nord du Yémen, où s’abattent les bombardements saoudiens sur des millions de personnes. Si les principales cibles sont les bâtiments officiels, les exploitations et les habitations de civils sont aussi victimes de « dommages collatéraux ». Dans les affres de la désolation, la photographe fait la part belle aux femmes yéménites dans les zones urbaines, piégées dans une souricière, femmes courage, en chefs de famille, suppléant les hommes. Dans ce chaos quotidien, quand ils ne sont pas déjà enrôlés, ou pas encore estropiés (depuis le début du conflit, 6 000 Yéménites ont été amputés), les mômes dérouillent plus encore, tout en jouant dans les ruines et les décombres.

Entre le blocus imposé à une population qui dépendait aux deux tiers de l’aide humanitaire et les bombardements, le pays compte ses morts par milliers.

Yémen : la guerre qu’on nous cache, Véronique de Viguerie, Visa pour l’image, Perpignan, jusqu’au 16 septembre.


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