Conférence gesticulée : Culture au poing levé
Forme singulière de prise de parole publique conçue par Franck Lepage, la « conférence gesticulée » connaît un succès grandissant. La Ferme du Buisson, en Seine-et-Marne, lui consacre un festival.
dans l’hebdo N° 1522 Acheter ce numéro

Ils sont enseignants, éducateurs, sociologues, aides-soignants, ethnologues… Militants pour la plupart mais pas tous. Animés en tout cas par une colère, un désir d’exprimer une injustice dont ils ont été ou sont encore victimes ou témoins et de partager des savoirs qui, lit-on sur le site de l’association d’éducation populaire politique L’Ardeur, « ne sont pas légitimés par une instance universitaire ou par le CNRS », les conférenciers gesticulants sont aujourd’hui près de 300 à travers la France.
Franck Lepage n’aurait pu imaginer une telle postérité lorsque, en 2004, il déballe au théâtre des Carmes, à Avignon, son expérience d’animateur socioculturel et démonte les mécanismes de « la Culture avec un grand Q » à travers une analyse ouvertement bourdieusienne, posant les bases de son spectacle Inculture I, créé deux ans plus tard, et qui compte aujourd’hui plus de 600 représentations.
Né d’une blague de festival, le terme de « conférence gesticulée » circule d’abord dans les centres sociaux et associations où Franck Lepage est invité à expliquer pourquoi, de la culture tout court à Paris, il est passé à la culture des poireaux en Bretagne. Pourquoi, directeur des programmes à la Fédération française des maisons des jeunes et de la culture