France insoumise : Les risques de la colère

Après la vague des perquisitions, le mouvement cherche à clore la séquence marquée par les coups de gueule tous azimuts de Jean-Luc Mélenchon, et à reprendre la main sur le débat politique.

À dispositif d’ampleur, réponse de circonstance. Alors que les policiers de l’Office central de lutte anti-corruption effectuaient une quinzaine de perquisitions chez Jean-Luc Mélenchon et dans son entourage le 16 octobre, le leader de la France insoumise a répondu par une énorme colère. Si tonitruante qu’il est encore difficile d’en mesurer les conséquences, potentiellement dévastatrices. Les scènes de violence pendant la fouille du siège du mouvement ont été captées par des caméras de télévision, puis massivement diffusées et commentées. Immédiatement, la France insoumise a dénoncé la main du pouvoir macronien – Adrien Quatennens, député insoumis du Nord : « C’est plus du ressort d’une opération antiterroriste ou de la brigade antigang que d’une affaire politique. » Les insoumis ont dénoncé une opération commandée par le parquet de Paris, en soulignant qu’il reste sous tutelle du ministère de la Justice. Et fustigé le nombre de policiers dépêchés partout en France – plus d’une centaine – et la saisie d’une part non négligeable de données…

Opération de déstabilisation d’un parti d’opposition ? Piège politique dans lequel les insoumis se sont, bien malgré eux, engouffrés ? Toujours est-il que 76 % des Français désapprouvent le comportement du leader des insoumis lors des perquisitions (1). « Je ne demande pas qu’on excuse cette colère, mais qu’on la comprenne », plaide Adrien Quatennens. Aux motifs des deux enquêtes préliminaires – l’une sur de présumés emplois fictifs des assistants parlementaires européens, l’autre sur les comptes de la campagne de 2017 – Jean-Luc Mélenchon a répondu, vendredi 19 octobre, lors d’une conférence de presse : « Nous sommes des gens honnêtes ! »

Une manière, espèrent les insoumis, de clore la séquence politique et d’en démarrer une nouvelle, construite cette fois autour d’une défense mesurée et argumentée contre « les méthodes de la Macronie » et d’un retour au combat politique. Les élections européennes n’arrivent-elles pas à grands pas ? « Il nous faut sortir de ce flot d’informations qui joue sur le registre émotionnel et reparler du fond politique », préconise en ce sens Loïc Prud’homme, député de la Gironde.

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