Heidegger antisémite, une gêne française

Deux ouvrages analysent les conséquences de la parution des « Cahiers noirs », où le philosophe confie ses sympathies pour le nazisme.

Il est des publications tardives, ou posthumes, qui viennent parfois renverser profondément l’approche, les analyses, voire la signification d’une œuvre tout entière. On connaissait, certes, l’engagement en faveur de l’hitlérisme de Martin Heidegger, membre du parti nazi de 1933 à 1945. Pourtant, nombre d’admirateurs, exégètes passionnés et autres « heideggériens » soutenaient que cette adhésion avait été passagère et surtout sans conséquence sur sa pensée, supposée exempte de tout antisémitisme. Cette position était défendue en Allemagne et ailleurs, mais tout particulièrement en France, où l’œuvre du philosophe a eu et continue d’avoir une influence très importante, notamment sur nombre de philosophes de premier plan engagés à gauche (Sartre, Merleau-Ponty, Badiou, Foucault, Derrida, Deleuze…).

Initiée outre-Rhin il y a près de cinq ans, mais toujours pas en France, la publication des Cahiers noirs (dénommés ainsi car composés de cahiers en toile cirée noire) est venue battre vigoureusement en brèche cette version trop idyllique d’une franche séparation entre la philosophie du penseur et ses engagements politiques, fussent-ils brefs. Avec nombre de considérations antisémites, allant jusqu’à accuser les juifs d’être responsables de leur extermination, Heidegger y notait, un peu comme dans un journal intime, ses plus secrètes pensées et analyses.

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