Intelligence artificielle : Le cheval de Troie du techno-libéralisme

Face aux promesses de l’intelligence artificielle, il devient urgent de cerner les transformations qui se dessinent, pour s’emparer du combat politique sur les choix « civilisationnels » qui s’avancent.

Erwan Manac'h  • 24 octobre 2018
Partager :
Intelligence artificielle : Le cheval de Troie du techno-libéralisme
© WANG Zhao/AFP

Des voitures qui conduisent seules et choisissent leur route. Un ordinateur qui sélectionne et auditionne le meilleur candidat pour une embauche. Un logiciel qui prescrit des traitements médicaux… Les promesses de l’intelligence artificielle, avec des machines désormais capables de se perfectionner d’elles-mêmes en s’appuyant sur des bases de données gigantesques, ont de quoi donner le tournis. Aux oracles d’une force prométhéenne qui délivrerait l’homme de ses contingences, comme aux prédicateurs du cataclysme, qui pronostiquent une prise de contrôle des machines sur le monde.

Passé le temps du vertige, il devient urgent de reprendre pied, d’aiguiser notre conscience et de cerner les transformations qui se dessinent, pour s’emparer du combat politique sur les choix « civilisationnels » qui s’avancent. C’est notamment ce à quoi nous invite le philosophe Éric Sadin. Car « l’intelligence artificielle », telle qu’elle s’immisce désormais dans nos vies, est le nom d’un projet bien humain. Pétri de certitudes à courte vue et d’intérêts pécuniaires, maquillés derrière une pluie de milliards déversés dans la recherche et l’innovation par les géants du numérique et par un goût certain pour la frime. Un projet de conformisme radical, doté d’une force de frappe inégalée, qui rend plus que jamais nécessaire l’ouverture d’un débat, pour l’heure confisqué. Pour que les avancées, bien réelles, de cette nouvelle révolution industrielle profitent au bien commun et pas au renforcement de l’emprise déjà considérable d’une poignée de « plateformes ».

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Il y a des fascismes brutaux et des fascismes tranquilles : les deux progressent »
La Midinale 23 janvier 2026

« Il y a des fascismes brutaux et des fascismes tranquilles : les deux progressent »

Jonathan Durand Folco, professeur à l’université Saint-Paul à Ottawa (Canada) et auteur de Fascisme tranquille : affronter la nouvelle autoritaire aux éditions Écosociété, est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
De Nairobi à Brest, un ostréiculteur hors norme
Portrait 23 janvier 2026 abonné·es

De Nairobi à Brest, un ostréiculteur hors norme

Dans le Finistère, Walid Chelongat, ostréiculteur kényan de 28 ans, travaille chaque jour dans les parcs à huîtres. Passionné par son métier, il est désormais un ouvrier essentiel dans l’un des viviers les plus prestigieux de France : à Prat-Ar-Coum, la Romanée-Conti des huîtres.
Par Paul Boyer
Après la mort d’El Hacen Diarra, « la France veut copier Trump ou quoi ? »
Reportage 22 janvier 2026 abonné·es

Après la mort d’El Hacen Diarra, « la France veut copier Trump ou quoi ? »

Le 14 janvier, El Hacen Diarra mourait au commissariat du 20e arrondissement parisien, après une violente interpellation de la police. Au foyer des Mûriers, où il vivait avec d’autres travailleurs migrants, la tristesse et l’envie de justice se mêlent à la peur croissante de la police.
Par Pauline Migevant
Aide à mourir : loi validiste ou avancée sociale ? Un débat pour comprendre
Entretien 20 janvier 2026 abonné·es

Aide à mourir : loi validiste ou avancée sociale ? Un débat pour comprendre

L’une est radicalement contre, l’autre est nécessairement pour. La cofondatrice du collectif antivalidiste Les Dévalideuses, Céline Extenso, débat avec l’un des plus fervents défenseurs du projet de loi sur l’aide à mourir, le député écologiste de Dordogne Sébastien Peytavie.
Par Hugo Boursier