Le danger de l’unification des sciences sociales

La rationalité maximisatrice chère à l'économie standard est une invention occidentale. Sous le masque de la science, ce scientisme économique ne peut que conduire à une standardisation du monde.

Depuis quelques années, les économistes dits hétérodoxes se sont regroupés au sein de l’Association française d’économie politique (Afep) ou des Économistes atterrés pour faire reconnaître la nécessité d’un pluralisme épistémologique de l’économie. Si les changements restent encore infimes, leur critique du non-pluralisme a eu quelques effets. En témoigne récemment une tribune de Jean Tirole, prix Nobel d’économie, dans laquelle il annonce que l’homo œconomicus est dépassé grâce à l’apport de sciences sociales comme la sociologie ou la psychologie (1). Pourtant, il est aussi le plus ardent opposant à la création d’une discipline « économie et société », qui se définit comme ouverte aux sciences sociales.

Comment comprendre cette apparente contradiction ? C’est que le pluralisme de l’Afep ou des Atterrés n’est pas celui des économistes standards. L’hypothèse théorique centrale de la pensée économique orthodoxe est que l’homme est un être rationnel capable de choisir l’action qui lui rapporte le plus. Au début des années 2000, des travaux de psychologie ont démontré la fragilité de cette thèse. S’est développée alors une articulation de celle-ci et des apports de la psychologie comportementale et cognitive. Parallèlement, l’économie s’est de plus en plus intéressée à des domaines éloignés des questions purement économiques pour s’élargir à tous les choix humains (partage des tâches dans le couple, formation, santé, crime, mariage…).

Il reste 54% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 5€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.