Michel Vovelle

Michel Vovelle fut l’un des plus grands historiens de la Révolution française.

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Infatigable chercheur et citoyen engagé, l’un n’allant pas sans l’autre chez lui, Michel Vovelle est mort le 6 octobre à 85 ans. Peu visible dans les médias, qu’il fuyait pour leur propension aux raccourcis, Michel Vovelle fut, dans sa génération, l’un des plus grands historiens de la Révolution française, avec Claude Mazauric. 

Porteur de la tradition jacobine, il batailla contre la version libérale de François Furet, qui avait les faveurs de l’époque, et présida l’organisme du CNRS chargé de commémorer la Révolution en 1989. Sans goût pour la bataille purement idéologique, contrairement à Albert Soboul, dont il hérita de la chaire à la Sorbonne, Michel Vovelle, qui fut toute sa vie communiste, était un explorateur d’archives et fut l’un des défricheurs de l’histoire des mentalités : La Mentalité révolutionnaire (1986) fait ainsi partie de ses grands livres. Mais il s’intéressa aussi à nombre de cas, comme le menuisier jacobin Joseph Sec ou le « poète de Robespierre », Théodore Désorgues. 

Avant d’opter pour l’étude de la Révolution, Michel Vovelle avait travaillé sur la vaste question des représentations de la mort, livrant un ouvrage pionnier et magnifique : La Mort et l’Occident de 1300 à nos jours (1983). Reconnue dans le monde entier, son œuvre restera, d’autant qu’elle a inspiré nombre d’historiens des générations suivantes, toujours prompts à reconnaître leur dette envers un maître exigeant et généreux de son savoir.


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