Ambivalences « gayfriendly »

La sociologue Sylvie Tissot a enquêté sur deux quartiers gentrifiés de Paris et de New York où des communautés homosexuelles sont implantées et bien visibles.

Durant une longue enquête fouillée, la sociologue Sylvie Tissot s’est immergée dans le Marais parisien et dans une partie du quartier de Brooklyn, Park Slope, à New York, pour observer les évolutions à l’égard de l’homosexualité, dont la présence est fièrement affichée dans les rues. Connue pour ses travaux précédents sur la notion de quartier, mais surtout sur les « quartiers de la bourgeoisie progressiste », dits aujourd’hui gentrifiés (1), Sylvie Tissot n’étudie pas ici « les progrès de l’acceptation et ses limites » vis-à-vis de l’homosexualité dans ces villes, mais concentre plutôt son travail de sociologue sur leurs habitants qui « cultivent la tolérance ».

Elle prend donc plus précisément pour « objet » cette gayfriendliness, c’est-à-dire le fait d’être gayfriendly (mot anglais composé de gay et de friend, ami), ce qui, au lieu de marquer « une étape aisément repérable dans la progression supposée inéluctable des droits et de l’égalité », désigne maintenant une « manière d’envisager l’homosexualité ». Manière, surtout, qui « en dit autant sur la place des gays et des lesbiennes dans la société d’aujourd’hui que sur le groupe qui s’en fait le défenseur : des hétérosexuels richement dotés en capital culturel et économique, habitant des quartiers aujourd’hui gentrifiés où s’est regroupée, à partir des années 1980, une importante population gaie ».

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