Aragon et Triolet, légende et vérités

Ariane Ascaride et Didier Bezace rendent hommage sans clichés au couple d’écrivains.

Le récital poétique ou littéraire n’est plus guère dans l’air du temps. Le genre est un peu trop calme, tranquille, intériorisé pour un public qui vient souvent chercher des déclics musclés au théâtre. Ariane Ascaride et Didier Bezace sont quand même revenus à ce type de manifestation feutrée, à ce qu’ils appellent modestement une « lecture-spectacle » (alors qu’ils connaissent à peu près par cœur les textes retenus). Depuis plusieurs années, de temps à autre, ils interprètent Il y aura la jeunesse d’aimer, qui réunit des écrits de Louis Aragon et d’Elsa Triolet. En ce moment, ils sont à Paris, au Lucernaire, distillant cette musique verbale du passé qui ne s’enfuit pas : les mots d’Aragon surtout.

L’auteure Elsa Triolet était-elle aussi intéressante que son poète de mari ? La soirée dont Bezace a assuré le menu (c’est-à-dire le choix des textes) et la mise en scène n’en fait pas la preuve. Aragon et ses chants d’amour (Les Yeux d’Elsa) reviennent toujours au premier plan, nous assurant indirectement qu’Elsa a une plume mais que cette plume est celle d’une belle ombre – même un Goncourt (pour Le premier accroc coûte 200 francs, en 1945) ne lui assure pas la postérité.

Le principe de l’entrecroisement des deux auteurs et des fragments est sans doute plus un parcours du siècle écoulé qu’une classique rétrospective des chants amoureux. Aragon est montré à travers sa longue relation avec Elsa, mais aussi avant elle, un peu séduit par les garçons puis emballé par une riche excentrique, et après elle, quand le vieux poète s’éprend d’un jeune écrivain, Jean Ristat.

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