Brésil : Bolsonaro, premières embardées

Les premières annonces du nouveau président brésilien sont marquées par la confusion et les incohérences.

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À peine élu, le nouveau président brésilien confirme les signaux alarmants qu’il donnait lors de sa campagne quant à sa capacité à gouverner. Alors qu’il s’est rapidement attelé à la constitution de son gouvernement, qui entrera en fonction le 1er janvier prochain, ses premières annonces sont marquées par la confusion et les incohérences.

Il avait prévu l’absorption du ministère de l’Environnement par le très productiviste ministère de l’Agriculture, décision ô combien préoccupante dans ce pays couvert pour moitié par la forêt amazonienne : après hésitation, il aurait reculé, sans pour autant renoncer à liquider toute contrainte écologique. À l’image d’un Trump, dont il copie la politique moyen-orientale, Bolsonaro réaffirme le futur transfert de l’ambassade brésilienne en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Il veut même rompre tout lien diplomatique avec les pays gouvernés « à gauche », Cuba en tête, et prend le risque de froisser la Chine – « qui veut acheter le Brésil ». Ces recadrages idéologiques ont de quoi inquiéter les forces économiques : le pays est très dépendant de ses exportations de soja, de viande ou de fer.

Embardée aussi, quand le futur ministre de l’Économie, l’ultralibéral Guedes, se voit contredit sur la réforme des retraites par Onyx Lorenzoni, pressenti pour être le ministre de la Maison civile, sorte de chef du gouvernement. Mais l’outrance majeure reste la nomination à la Justice du très partial juge Moro, le plus controversé des magistrats du pays, ordonnateur d’un acharnement judiciaire contre le Parti des travailleurs (PT), notamment conclu par l’incarcération de Lula.


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