Dossier : Climat : Les États au banc des accusés

COP 24 : la tentation mortifère du surplace

Émissions de gaz à effet de serre en hausse, financements insuffisants, repli international : le pessimisme domine à la veille du sommet climat, qui va fixer les modalités de l’accord de Paris.

Glissement symbolique des formules : « La période propice à l’action est sur le point de s’achever », assène l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Aux solennels et vains appels à « agir d’urgence », se substitue désormais le simple rappel des faits. L’agence onusienne présentait la semaine dernière son rapport sur la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre (GES), avant l’ouverture du sommet climatique international, qui se tient cette année à Katowice (Pologne), du 2 au 14 décembre.

Après 23 éditions, la conférence des parties (COP) à la convention des Nations unies sur les changements climatiques n’a aucune prise sur l’augmentation des émissions de GES. Nouveaux records : une augmentation pour le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O), principalement émis par l’agriculture, et surtout le prédominant gaz carbonique (CO2), libéré par les énergies fossiles, sa teneur (405,5 parties par million, ppm) s’est accrue de près de 50 % depuis le début de l’ère industrielle.

Il faut remonter à 3 à 5 millions d’années pour rencontrer une situation similaire, souligne l’OMM. Les mers étaient entre 10 et 20 mètres au-dessus de leur niveau actuel, et les températures plus élevées de 2 à 3 °C – les modèles climatiques prévoient un réchauffement supérieur à l’horizon du siècle vu la tendance actuelle. En octobre, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) publiait un rapport sans appel : à moins d’une mutation radicale et très rapide des économies, c’est désormais mission quasi impossible pour limiter le réchauffement à 1,5 °C.

Cet objectif volontariste figure dans l’accord de Paris, dont on peut craindre qu’il soit ­obsolète avant même son entrée en vigueur, prévue pour 2020. « À la COP 24, les gouvernements seront face à leurs responsabilités », prévient Lucile Dufour, en charge du dossier au Réseau action climat (RAC-France). Car le ­rendez-vous de Katowice, sous des dehors techniques, est hautement politique : il s’agira de mettre au point les règles concrètes de fonctionnement de l’accord de Paris, que sa signature in extremis, fin 2015, avait renvoyées à plus tard.

En haut du menu : comment, en deux ans, organiser une hausse drastique des engagements nationaux de réduction d’émissions, alors que les maigres promesses énoncées à Paris conduisent la planète à plus de 3 °C de réchauffement ? La question financière est au cœur des négociations. En particulier, le Fonds vert de l’ONU pour le climat, destiné aux pays du Sud, est très insuffisamment doté par les pays riches, en dépit de leurs engagements.

Il reste 63% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents