« Delta Charlie Delta » : Deux morts sur ordonnance

Michel Simonot s’empare de la tragédie de Clichy-sous-Bois, en 2005, où deux adolescents fuyant la police ont été électrocutés.

D elta Charlie Delta » : cette formule que Michel Simonot a reprise pour le titre de sa nouvelle pièce respire et annonce la tragédie. C’est le terme (pudique !) des pompiers pour dire, en circuit interne, qu’il y a mort d’homme. Il a été utilisé pour le drame qui est ici rappelé et représenté : la course-­poursuite fatale de trois adolescents à ­Clichy-sous-Bois, en 2005.

Ces gamins qui baguenaudent ont le malheur de croiser une patrouille de police. Ils n’ont commis aucun méfait mais se sentent pris en faute ; les flics présument qu’ils ont de la « racaille » en face d’eux. Les jeunes s’affolent, accélèrent le pas, se cachent dans le premier édicule venu, un transformateur électrique. Dessus, il est écrit « Danger de mort », mais ils veulent vite se mettre à l’abri. Chez les policiers, personne ne pense à dire aux jeunes ce qu’ils risquent, ni à appeler EDF. On laisse les fuyards prendre place dans la forteresse et on attend à quelques dizaines de mètres. Leur mort est quasiment sur ordonnance. Deux ados sont électrocutés, le troisième s’en sortira.

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