Farouk Mardam-Bey : « La situation échappe à Bachar »

Coauteur d’un ouvrage qui vient de paraître, Farouk Mardam-Bey dresse un état des lieux de la crise syrienne après plus de sept ans de conflit.

Denis Sieffert  • 21 novembre 2018 abonné·es
Farouk Mardam-Bey : « La situation échappe à Bachar »
© photo : Des soldats russes et syriens tiennent un poste de contrôle nà l’est d’Idlib, le 20 août 2018. crédit : GEORGE OURFALIAN AFP

Aidé par ses alliés russes et iraniens, Bachar Al-Assad a réussi à se maintenir au pouvoir en Syrie et à l’emporter militairement contre la rébellion sur le terrain. Mais, comme l’analyse ici Farouk Mardam-Bey, sa victoire est très partielle dans un pays occupé par quatre puissances étrangères et presque totalement détruit.

Vous insistez beaucoup dans votre livre (voir encadré ci-contre) sur l’appartenance confessionnelle des Assad, qui a joué un grand rôle dans l’accession au pouvoir et le maintien de Bachar…

Farouk Mardam-Bey : Avant même l’arrivée au pouvoir d’Hafez Al-Assad, en 1970, la tendance à profiter de l’Asabiya – l’esprit de corps confessionnel – était déjà marquée chez les baasistes qui ont fait le coup d’État de 1963. On parlait alors des « officiers alaouites ». Pour asseoir son régime, Hafez Al-Assad a eu recours au même procédé. Il a « alaouisé » la hiérarchie de l’armée. Il a créé une milice de 50 000 hommes confiée à son frère, qui avait recruté essentiellement chez les alaouites. Il faut dire que cette communauté était cimentée par d’anciens souvenirs de discriminations sous les Mamelouks et les Ottomans. Mais Hafez y a aussi fait le ménage, jetant même en prison son frère d’armes, Salah Jedid, mort derrière les barreaux. Il a ensuite élargi son pouvoir en assujettissant l’appareil religieux sunnite.

Une partie de la gauche française reste dans l’illusion de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Clémence Guetté : « La sortie de l’Otan est nécessaire »
Entretien 9 février 2026 abonné·es

Clémence Guetté : « La sortie de l’Otan est nécessaire »

La vice-présidente insoumise de l’Assemblée nationale défend la nécessité d’une sortie de l’Otan, attaque la politique diplomatique d’Emmanuel Macron et souhaite que la France réinvestisse les organisations internationales.
Par Lucas Sarafian
Rome-Tunis-Alger, super gardiens de la forteresse Europe 
Analyse 4 février 2026 abonné·es

Rome-Tunis-Alger, super gardiens de la forteresse Europe 

Le renforcement des relations entre l’Italie, la Tunisie et l’Algérie remodèle ces dernières années les équilibres de la Méditerranée en matière de surveillance, de défense et d’énergie. Un nouvel axe qui contribue à empêcher toute migration irrégulière, et renforce une Union européenne qui externalise toujours plus sa gestion des frontières.
Par Nadia Addezio
Au Soudan, le peuple pris au piège de la guerre
Analyse 30 janvier 2026 abonné·es

Au Soudan, le peuple pris au piège de la guerre

Depuis 2023, la population soudanaise tout entière est soumise au conflit et aux massacres auxquels se livrent les forces militaires dites régulières et leurs anciens alliés des « Forces de soutien rapide ». Elle fait face à une crise humanitaire sans précédent.
Par Isabelle Avran
Stephen Miller, un suprémaciste à la tête de la sécurité américaine
Portrait 29 janvier 2026 abonné·es

Stephen Miller, un suprémaciste à la tête de la sécurité américaine

Conseiller omniprésent de Donald Trump, l’homme impose une vision du pouvoir fondée sur la loi du plus fort. Architecte des politiques migratoires brutales, il fait du langage une arme et étend son influence bien au-delà de son titre officiel.
Par Juliette Heinzlef