Gilets jaunes : Macron en panne sèche
Face à la colère des gilets jaunes, qu’il tente de discréditer, le Président ne bouge pas. Convaincant ni sur le volet social ni sur la transition écologique, il renvoie à plus tard des décisions urgentes.
dans l’hebdo N° 1529 Acheter ce numéro

Faire mine d’entendre les revendications des gilets jaunes sans changer de cap. Telle est bien la ligne de conduite d’Emmanuel Macron et de son gouvernement, qui, à cette fin, n’hésitent pas à discréditer ce mouvement de protestation populaire en l’assimilant à l’extrême droite. Mardi matin, frappez tambours, sonnez trompettes, le chef de l’État devait, à en croire le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, annoncer depuis l’Élysée des mesures « à court et à long terme » pour répondre aux « colères » exprimées par les gilets jaunes. En une heure de temps, le président de la République a certes affirmé éprouver « de la compréhension à l’égard des citoyens qui veulent faire passer un message », mais en réponse aux attentes des gilets jaunes il n’a avancé qu’une seule mesure concrète : la fiscalité des carburants sera révisée tous les trois mois pour l’adapter aux fluctuations des prix afin d’en limiter l’impact pour les Français qui utilisent beaucoup leur voiture. C’est le retour de la « TIPP flottante », un mécanisme imaginé et mis en place entre 2000 et 2002 par le gouvernement de Lionel Jospin, et supprimé par la droite, quand la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétique (TICPE) s’appelait encore taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers (TIPP).
Initialement, Emmanuel Macron devait seulement présenter la