Résistance palestinienne
Avec la guerre de 1967, les Palestiniens perdent toute illusion sur le soutien des armées arabes et comprennent qu’ils ne peuvent désormais compter que sur eux-mêmes.

Dans ce hors-série paru en 2018, Politis et Orient XXI retraçaient l’histoire complexe des relations entre Israël et Palestine. Un numéro exceptionnel à retrouver sur notre boutique.
La défaite des pays arabes face à l’attaque israélienne de juin 1967 a eu des répercussions directes sur le plan palestinien : le combat national s’est affranchi de la tutelle arabe officielle. La lutte armée s’est affirmée et a pris de l’ampleur. Les Palestiniens ont cessé définitivement de miser sur le soutien des armées régulières arabes dans leur combat, notamment après l’acceptation par l’Égypte et la Jordanie de la résolution 242 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies en novembre 1967. Libérer la Palestine n’était plus le but des pays arabes, il s’agissait désormais d’effacer les traces de l’agression de juin 1967.
La défaite a également eu pour effet de confirmer l’orientation prônée par le Fatah à partir du milieu des années 1960, selon laquelle le peuple palestinien ne devait compter que sur ses propres forces dans son combat pour la libération (1). Il lui fallait pour cela recourir à la lutte armée, seule voie effective à ses yeux. Ce choix devait donner naissance à de nouveaux mouvements palestiniens, nationalistes ou de gauche. Grâce à la résistance armée, l’image du Palestinien était transfigurée : de réfugié et d’exilé il devenait un combattant fedayin portant les armes.
Échec de la « deuxième campagne »La première ambition du Fatah et des autres organisations palestiniennes avait d’abord été de faire des territoires palestiniens occupés le principal front du conflit israélo-arabe. La direction du Fatah avait conçu d’y mener des opérations militaires (2). Une minorité avait manifesté des réserves, estimant nécessaire de commencer par la création d’une organisation secrète, l’entraînement des combattants et la fourniture d’armes, mais la majorité menée par Yasser Arafat faisait valoir l’impact positif que de telles opérations ne manqueraient pas d’avoir sur le moral des habitants, ainsi encouragés à demeurer sur place. Le commandement du Fatah avait préconisé l’installation d’avant-postes, à partir desquels seraient menées des opérations commandos ciblées et limitées devant déboucher sur une guérilla classique.
La recommandation s’appuyait sur des signes avant-coureurs qui faisaient état d’une résistance civile sous la forme de grèves, de manifestations et de mouvements de contestation pacifique. Yasser Arafat s’était alors vu confier la mission de créer ces bases militaires en Cisjordanie occupée. Avec une trentaine d’hommes, il installa à Naplouse sa base de commandement. Le 28 août, le Fatah annonçait les premières opérations en Cisjordanie, pour la « deuxième campagne », ainsi qu’elle fut appelée par allusion à la « première campagne » du 1er janvier 1965, lorsqu’une unité militaire secrète du Fatah avait mené une attaque contre une cible israélienne.
L’idée était que ces bases secrètes s’élargiraient avec le temps pour devenir des territoires en voie de libération. Mais cette vision du Fatah et des organisations palestiniennes s’était heurtée à une vaste répression policière israélienne, voire à un couvre-feu imposé par l’armée. Celle-ci s’était livrée à un véritable quadrillage
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