Résistance palestinienne

Avec la guerre de 1967, les Palestiniens perdent toute illusion sur le soutien des armées arabes et comprennent qu’ils ne peuvent désormais compter que sur eux-mêmes.

Maher Al-Charif  • 1 novembre 2018 abonné·es
Résistance palestinienne
La couverture du hors-série Politis-Orient XXI, paru en octobre-novembre 2018.
Un hors-série Politis et Orient XXI

Dans ce hors-série paru en 2018, Politis et Orient XXI retraçaient l’histoire complexe des relations entre Israël et Palestine. Un numéro exceptionnel à retrouver sur notre boutique.

La défaite des pays arabes face à l’attaque israélienne de juin 1967 a eu des répercussions directes sur le plan palestinien : le combat national s’est affranchi de la tutelle arabe officielle. La lutte armée s’est affirmée et a pris de l’ampleur. Les Palestiniens ont cessé définitivement de miser sur le soutien des armées régulières arabes dans leur combat, notamment après l’acceptation par l’Égypte et la Jordanie de la résolution 242 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies en novembre 1967. Libérer la Palestine n’était plus le but des pays arabes, il s’agissait désormais d’effacer les traces de l’agression de juin 1967.

La défaite a également eu pour effet de confirmer l’orientation prônée par le Fatah à partir du milieu des années 1960, selon laquelle le peuple palestinien ne devait compter que sur ses propres forces dans son combat pour la libération (1). Il lui fallait pour cela recourir à la lutte armée, seule voie effective à ses yeux. Ce choix devait donner naissance à de nouveaux mouvements palestiniens, nationalistes ou de gauche. Grâce à la résistance armée, l’image du Palestinien était transfigurée : de réfugié et d’exilé il devenait un combattant fedayin portant les armes.

Échec de la « deuxième campagne »

La première ambition du Fatah et des autres organisations palestiniennes avait d’abord été de faire des territoires palestiniens occupés le principal front du conflit israélo-arabe. La direction du Fatah avait conçu d’y mener des opérations militaires (2). Une minorité avait manifesté des réserves, estimant nécessaire de commencer par la création d’une organisation secrète, l’entraînement des combattants et la fourniture d’armes, mais la majorité menée par Yasser Arafat faisait valoir l’impact positif que de telles opérations ne manqueraient pas d’avoir sur le moral des habitants, ainsi encouragés à demeurer sur place. Le commandement du Fatah avait préconisé l’installation d’avant-postes, à partir desquels seraient menées des opérations commandos ciblées et limitées devant déboucher sur une guérilla classique.

La recommandation s’appuyait sur des signes avant-coureurs qui faisaient état d’une résistance civile sous la forme de grèves, de manifestations et de mouvements de contestation pacifique. Yasser Arafat s’était alors vu confier la mission de créer ces bases militaires en Cisjordanie occupée. Avec une trentaine d’hommes, il installa à Naplouse sa base de commandement. Le 28 août, le Fatah annonçait les premières opérations en Cisjordanie, pour la « deuxième campagne », ainsi qu’elle fut appelée par allusion à la « première campagne » du 1er janvier 1965, lorsqu’une unité militaire secrète du Fatah avait mené une attaque contre une cible israélienne.

L’idée était que ces bases secrètes s’élargiraient avec le temps pour devenir des territoires en voie de libération. Mais cette vision du Fatah et des organisations palestiniennes s’était heurtée à une vaste répression policière israélienne, voire à un couvre-feu imposé par l’armée. Celle-ci s’était livrée à un véritable quadrillage

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

Midterms : « Beaucoup d’électeurs passés chez Trump se reportent sur des candidats socialistes »
Entretien • 2 novembre 2026 abonné·es

Midterms : « Beaucoup d’électeurs passés chez Trump se reportent sur des candidats socialistes »

À la veille des élections de mi-mandat aux États-Unis le 3 novembre, la poussée des candidats socialistes et progressistes ravive la fracture du Parti démocrate. Tristan Cabello, historien, analyse le conflit entre une base qui penche à gauche et un appareil centriste qui résiste.
Par William Jean
Pour les jeunes Palestiniens d’Israël, un vote de choix « entre le mauvais ou le pire »
Monde • 2 novembre 2026 abonné·es

Pour les jeunes Palestiniens d’Israël, un vote de choix « entre le mauvais ou le pire »

Les élections législatives en Israël ont mobilisé 80 % de l’électorat la semaine dernière. Les Palestiniens citoyens du pays ont, eux aussi, massivement voté, espérant pouvoir enrayer le carnage à Gaza et la colonisation en Cisjordanie.
Par Milena Hannah Peillon
Soudan : le peuple abandonné au conflit
Monde • 29 octobre 2026 abonné·es

Soudan : le peuple abandonné au conflit

Depuis le 15 avril 2023, le pays vit au rythme des massacres et des bombardements. Tandis que sévit une crise humanitaire sans précédent, des réfugiés et des Franco-Soudanais dénoncent le silence médiatique et politique des États occidentaux.
Par Bérénice Paul
Entre colère et espoir, la jeunesse réveille les Balkans
Luttes • 23 octobre 2026 abonné·es

Entre colère et espoir, la jeunesse réveille les Balkans

En Serbie, la liste étudiante espère renverser dans les urnes le régime d’Aleksandar Vučić après deux ans de mobilisation contre la corruption et l’autoritarisme. Leurs camarades albanais leur ont emboîté le pas ces derniers jours pour déboulonner Edi Rama, un autre « stabilocrate ».
Par Simon Rico