Jihadisme : que vont devenir les « revenants » ?
Trois ans après les attentats de 2015, la recherche sur le phénomène jihadiste foisonne, comme en ont témoigné des états généraux psy sur la radicalisation organisés à Paris.
dans l’hebdo N° 1527 Acheter ce numéro

L’un a dit : « Ma vie ne vaut rien mais on parlera de ma mort sur BFM. » Un autre : « J’ai eu un flash en regardant des vidéos de décapitation. » Un troisième _: « Je suis déjà mort à l’intérieur. »_ Sabine Riss, psychologue clinicienne, les appelle « les demandeurs de mort », et aussi « les chevaliers de l’Apocalypse ». Elle dit des jihadistes rencontrés en prison que ce sont « des automates réglés sur le disque de Daech », et aussi qu’ils se sont « cassé la tête avec des vidéos de Daech ». S’il n’y a pas de consensus sur le terme « radicalisation », ni sur le terme de « désengagement » qui aurait remplacé celui, très décrié, de « déradicalisation », certains points semblaient faire l’unanimité aux états généraux psy sur la radicalisation organisés par le Centre d’étude des radicalisations et de leurs traitements (Cert) et l’université Paris-VII Diderot, du 7 au 10 novembre à Paris. Tout d’abord, il n’y aurait pas de profil type du jihadiste, mais des profils en fonction des individus. Ensuite, il est temps, s’agissant de ceux qui ont rejoint les rangs de Daech, de dépasser le débat « islamisation de la radicalité/radicalisation de l’islamisme » opposant les chercheurs Olivier Roy (1) et Gilles Kepel (2). Ces analyses datent des lendemains des attentats de 2015, les 7 et 10 janvier contre Charlie hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, et le 13 novembre au Bataclan, au Stade de France et dans plusieurs cafés-restaurants de Paris.
Depuis 2012, de jeunes Français sont partis plus nombreux rejoindre la zone de guerre irako-syrienne,