Les Libyens en quête d’unité

Après une large consultation populaire saluée par tous, une conférence nationale de réconciliation devrait avoir lieu en janvier, avant des élections au printemps. Un pari qui n’est pas encore gagné.

U n puzzle qui a éclaté avec les événements de 2011 » : c’est ainsi que Ghassan Salamé décrit la Libye, sept ans après la chute de Mouammar Kadhafi. Selon l’envoyé spécial de l’ONU, « il n’y a pas une milice par ville, mais souvent plusieurs », et « la division entre est et ouest est une fiction européenne » (1). C’est dans ce contexte de dislocation et de violence que la mission des Nations unies dont il a la charge conduit depuis plusieurs mois un processus inédit de consultation populaire.

La démocratie participative peut-elle sauver la Libye ? Ancien diplomate, missionné par le Centre pour le dialogue humanitaire auprès de Ghassan Salamé, Patrick Haimzadeh veut le croire. Après 77 réunions qui ont rassemblé quelque 700 000 personnes et suscité 1,8 million de commentaires sur les réseaux sociaux – un chiffre impressionnant dans un pays de 6 millions d’habitants –, Patrick Haimzadeh trouve quelques raisons d’espérer. « Nous avons surtout constaté, dit-il, une forte demande d’État et une affirmation de libyanité. »

Le constat n’est pas anodin dans un pays dont l’unité est historiquement contestée depuis la colonisation italienne. Vaste comme deux fois et demie la France, divisée en trois régions qui ont chacune leur métropole, la Libye est de surcroît confrontée depuis 2016 à une situation de double pouvoir, avec le gouvernement présidé par Fayez Al-Sarraj, basé à Tripoli, à l’ouest, et reconnu officiellement par la communauté internationale, et un Parlement établi à Tobrouk, dans la partie la plus orientale, contrôlée par le maréchal Khalifa Haftar, proche du dictateur égyptien Abdel Fattah Al-Sissi.

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