Dossier : Audiovisuel public : La réforme qui rapetisse l’écran

Radio France : un CDI ? Patience !

Si la situation s’est un peu améliorée à Radio France, le recours aux CDD reste massif dans un système frappé d’omerta.

Des contrats d’un jour à deux mois. Au bout du compte, Éric* aura effectué 64 CDD en un peu plus de trois ans, au poste d’attaché de production, en « remplacement » ou « en surcroît de travail ». Des contrats qui lui ont permis de travailler à coup sûr l’été, le temps des vacances scolaires et les jours de fête. Le reste de l’année, il a compté sur les arrêts maladie des salariés, « en général de dernière minute ». Il faut savoir se rendre disponible à tout moment. « En gros, c’est du jonglage et du pari. Ça paye parfois, parfois pas. » Trois années comme ça. Quand tombe un atelier formation, par curiosité, il demande à y assister, au moins en tant qu’auditeur libre. Il est à ce moment précis sous contrat, mais la direction des ressources humaines lui répond que c’est impossible parce qu’il ne fait pas partie de l’entreprise… Il n’en reste pas moins dévoué et disponible.

Dans d’autres circonstances, Éric s’est retrouvé à former des employés qui postulaient à son propre poste, pour, in fine, voir recaser en CDI une autre personne dont la direction ne savait que faire. Bienvenue dans l’absurdie. Il a vécu suspendu au téléphone dans l’attente d’un contrat. Au bout d’un certain temps, il n’a plus été appelé. Il a compris : son temps de CDD était dépassé. Fin des reconductions.

De son côté, Vanessa* s’en est mieux sortie. Trois ans et demi de CDD, près de 200 contrats au compteur. Des CDD d’attachée de production qu’elle signe quitte à faire des remplacements sur des postes qui n’ont rien à voir avec son métier, quitte à remplir les tâches de deux temps pleins dans la même semaine. Pour un salaire mensuel moyen de 1 500 euros, prime de précarité et congés payés compris. En période de vaches maigres, Vanessa a tourné autour de 500 euros. Les indemnités chômage pallient le manque. Au bout de cette abnégation, un CDI.

À Radio France, « il existe encore un recours abusif aux CDD, rapporte Lionel Thompson, délégué SNJ-CGT, même si la direction fait plus attention sur un certain nombre d’irrégularités. Il reste néanmoins des enchaînements de contrats qui ne respectent pas forcément les délais de carence. Des CDD qui pallient des RTT ou des congés, relevant normalement du besoin permanent de l’entreprise ».

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