Aux basques de Guillaume Meurice

Nous avons suivi l’humoriste une journée, de son rituel micro-trottoir jusqu’aux coulisses de l’émission « Par Jupiter ! ».

Rendez-vous est pris mercredi 5 décembre. À 9 h 30 au marché du boulevard Vincent-Auriol, à Paris, sous les rails du métro aérien, station Nationale. La veille au soir, Guillaume Meurice a joué son spectacle à Thorigny, en Seine-et-Marne, Que demande le peuple ? Avant d’entrer en scène, vers 21 heures, il ne sait pas encore quel sera l’objet de sa chronique quotidienne du lendemain sur France Inter, dans l’émission « Par Jupiter ! », portée par Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek.

Guillaume trouve et choisit ses sujets, ses cibles, au dernier moment. Il s’agit d’être prêt à 8 heures du matin. « C’est ça, l’aventure ! » Au milieu de la nuit, l’aventure prend forme : « Un bon vieux marché à l’ancienne. » Il a sa question du jour, son angle, rebondissant sur le mouvement des gilets jaunes. « Puisqu’on ne s’en sort pas et que, selon les études, la production de viande est aussi polluante que les carburants, ne doit-on pas taxer la viande ? » Dans la foulée, il rédige déjà le canevas de sa chronique, son lancement, son fil conducteur. Une grosse partie du travail. Mais, « quand on écrit tous les jours, c’est plus facile, même s’il faut se méfier des automatismes et des tics de langage ».

Un casque vissé sur son crâne poivre et sel, micro estampillé France Inter et un Nagra à la main (un enregistreur professionnel qui tient dans la poche, loin du Nagra des précédentes générations, pendu autour du cou et pesant un âne mort), l’humoriste se présente auprès des commerçants et des consommateurs, sourire ouvert et regard taquin d’un sale gosse qui fomente son coup retors. « Bonjour, c’est un micro-trottoir pour France Inter, puis-je vous déranger une minute ou deux ? Voilà, puisque l’on parle beaucoup des taxes en ce moment, des gilets jaunes, patin couffin, j’ai pensé à une chose : une nouvelle taxe sur la viande ? »

Guillaume Meurice a l’art de ne pas se montrer importun. Sa haute toise débonnaire et dégingandée, son œil pétillant, sa voix enjouée et sa repartie joyeuse aident. On lui répond de bonne grâce. « Comme vous y allez ! C’est un peu extrémiste, non ? estime un passant, parce que je vous rappelle que la viande, à travers la TVA, est déjà taxée ! » Le chroniqueur arpente le marché clairsemé. Trop clairsemé. « Un sujet comme ça, c’est beaucoup de marche, beaucoup de piétinement », prévient-il. D’autant qu’il n’y a qu’un seul boucher, qui se refuse à tout commentaire, tandis qu’un client d’un âge certain, nanti d’une retraite taillée comme un cure-dents, râle d’emblée sur « le poids des taxes ». Dix heures passées. Toujours pas grand monde. Changement de direction : le marché de la Motte-Piquet-Grenelle, dans le XVe arrondissement, plus dense, plus animé, plus bourgeois, « un repaire de fillonnistes ! ».

Il reste 75% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents