Furie douce

La colère contre le passé colonial est tendre chez le franco-algérien Lazare, poète de la scène.

Des turbulents qui crachent en scène leurs pensées dans un climat d’incendie, ce n’est plus une chose rare au théâtre. Et c’est souvent revigorant. À la liste des Macaigne, Liddell, Garcia, on peut ajouter Lazare, dont la nouvelle pièce, Sombre Rivière, arrive de Strasbourg à Paris. En fait, Lazare n’apparaît pas sur scène, mais il donne à jouer son propre rôle à un double, Julien Villa.

Lazare est un Français d’origine algérienne en guerre avec le passé colonial de la France, dénonçant les crimes d’État hier et aujourd’hui, mais c’est aussi un esprit libre qui se moque de Dieu et a été fracassé par l’horreur des attentats de Paris et d’ailleurs. Dès la première minute, son double se raconte : il n’arrive à rien, son assistante le censure, il préfère rester chez lui… Toute la soirée, il va se moquer de lui-même à travers une série de scènes de discussions astucieusement embrouillées et de chansons survenant comme dans un temps suspendu. Sa malice, c’est de faire comme s’il ne savait écrire que des sketches bâclés et de nous surprendre par la beauté soudaine de ses chants et de ses textes, qui relèvent du poème.

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