La revanche d’Agnès

Stéphane Braunschweig aiguise l’insolence de Molière dans L’École des femmes.

Le vieux libidineux et la jeune innocente, le grand méchant loup et le petit chaperon rouge transposés dans le contexte du mariage bourgeois : telle a été, jusqu’à maintenant, notre vision de L’École des femmes. Mais on peut toujours s’amuser avec les classiques et, parfois, en donnant un ton moderne à une comédie du répertoire, ouvrir des portes qui étaient restées fermées.

Stéphane Braunschweig rit beaucoup sous cape en décalant la pièce de Molière dans sa mise en scène à l’Odéon, mais, sérieux quand même dans sa traque d’une farce angoissante, il fait résonner la protestation du sexe féminin en ôtant au personnage d’Agnès son image d’oie blanche et en célébrant, à travers elle, la revanche des femmes.

Dès les premières scènes, le dépaysement est blagueur et, nous plaçant totalement dans le mouvement furieux de notre époque, met Arnolphe, ravisseur de jeune fille, et Agnès, la jeune enfermée, dans une salle de musculation où l’un et l’autre vont pédaler comme des fous sur des home-trainers. L’idée pourrait sembler gratuite, mais Arnolphe se dévoile ainsi comme un homme qui veut garder sa jeunesse, et Agnès comme une femme qui profite du sport et de la proximité moderne pour accroître sa liberté. C’est elle qui va mener le jeu.

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