Les Brigades rouges sans filtre

Les éditions Amsterdam rééditent l’entretien exceptionnel de deux journalistes avec Mario Moretti, dirigeant emblématique du groupe armé marxiste transalpin.

Certes, l’assassinat d’Aldo Moro, qui reste au cœur de l’ouvrage, sonnera comme le début de leur fin. Alors président de la Démocratie chrétienne (au pouvoir depuis 1945), l’ancien président du Conseil fut enlevé par les Brigades rouges (BR) le 16 mars 1978 et exécuté le 9 mai. Mais « l’histoire des Brigades rouges est un fragment d’histoire politique, pas d’histoire pénale », affirme d’emblée Mario Moretti, un de ses dirigeants ouvriers historiques, sans doute le plus important par sa longévité en clandestinité mais aussi par l’aura mystérieuse qui l’a longtemps entouré. Dans ce livre-entretien exceptionnel, publié la première fois en Italie en 1994, alors qu’il est incarcéré depuis déjà plus de douze ans, et dont les éditions Amsterdam viennent de rééditer la traduction française, l’ancien brigadiste offre une grille de lecture de la lutte armée, comme peu l’avaient fait avant lui (1).

Moretti n’a accepté ni la repentance – permettant d’obtenir une remise de peine en échange de dénonciations – ni la dissociation (2) – qui formalise la critique politique de la lutte armée et l’engagement devant l’autorité judiciaire à y renoncer. La force de son témoignage réside d’abord dans sa rareté (il n’a jamais rien publié d’autre).

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