Dossier : Démocratie : À la recherche du citoyen

Bienvenue sur ma liste !

Pour les européennes, partis et mouvements de gauche mettent en avant des candidats issus de syndicats, d’ONG, d’associations ou de la société civile. Une pratique ancienne mais qui est devenue incontournable et en dit long sur la crise démocratique.

Avant d’accepter, l’ex-porte-parole de l’ONG Oxfam, Manon Aubry, qui n’a jamais été encartée dans aucun parti politique, s’est écrit une lettre. « Je me suis promis de ne pas faire de langue de bois, de ne pas tirer profit des avantages d’un élu, de ne pas sacrifier l’équilibre de ma vie personnelle à la politique… Bref, de rester fidèle à moi-même et à mes combats », explique la tête de liste de La France insoumise pour les élections européennes. Charge à elle de s’y tenir, et à ses amis – à qui elle a aussi adressé cette lettre – de la rappeler à l’ordre si besoin. Comme elle, plusieurs personnalités issues des rangs d’ONG, de syndicats ou simplement de la société civile rejoindront, à des places éligibles ou non, les listes de gauche pour le scrutin de mai.

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui se flatte de présenter une liste « à l’image de la société française », n’est pas seul sur le créneau des listes citoyennes ou ouvertes à d’autres personnes qu’aux traditionnels représentants du monde politique. « Tout le monde va faire des listes citoyennes », constate Manuel Bompard, directeur des campagnes et candidat pour LFI. Génération·s, le mouvement de Benoît Hamon, a récemment créé un comité électoral destiné à recueillir les candidatures de ses militants. « Nous avons déjà reçu un millier de dossiers, dont certains sont très intéressants », confirme Pascal Cherki, proche de l’ancien candidat à la présidentielle et membre de Génération·s. Même le Parti socialiste, toujours en pleine reconstruction, envisage sérieusement cette hypothèse.

Place publique, l’entité à mi-chemin entre le think-tank et le parti politique de Raphaël Glucksmann, se veut le représentant de cette tendance : dans son acte de naissance, ses membres promettent de « partir du terrain et des idées pour produire une nouvelle offre politique ». Le mouvement a lui aussi lancé, le 14 janvier, une grande consultation publique. Écho citoyen à une rencontre organisée en décembre entre les différents partis de gauche – excepté LFI – pour discuter d’une liste commune à toutes les forces, cette consultation doit s’achever le 14 février. « C’était très intéressant, mais politiquement assez vide », glissait l’un des participants à la sortie de l’événement.

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