Dernier objectif du gouvernement : écraser
Seule annonce d’Édouard Philippe avant l’acte IX des gilets jaunes : une mobilisation policière démesurée et une nouvelle loi pour brider le droit de manifester. Loin d’une réponse politique.
dans l’hebdo N° 1535 Acheter ce numéro

Après la compréhension, la répression. Le regain de mobilisation des gilets jaunes le week-end dernier, qui a parfois viré à l’affrontement entre forces de l’ordre et manifestants, a pris de court le gouvernement. La veille, à l’issue du premier conseil des ministres de l’année, son porte-parole, Benjamin Griveaux croyait encore que « l’acte VIII » de ce mouvement confirmerait la décrue observée les semaines précédentes, plus d’un mois et demi après le début de la crise. L’exécutif estime, comme l’a dit Édouard Philippe sur TF1, lundi 7 janvier, avoir « répondu » aux « demandes [des gilets jaunes] relatives au pouvoir d’achat » avec les « mesures d’urgence massives, plus de 10 milliards d’euros » adoptées par le Parlement le 21 décembre. Il assure enfin avoir répondu avec l’organisation d’un grand débat national à la seconde demande du mouvement, « la prise en considération des Françaises et des Français qui se sentaient oubliés, méconnus ».
Pas question toutefois d’aller plus loin que ces concessions annoncées par Emmanuel Macron, le 10 décembre, dans une « adresse à la Nation », en réponse à la « colère » exprimée par les gilets jaunes, colère que le chef de l’État trouvait « juste à bien des égards ». Depuis, l’exécutif est plutôt enclin à voir dans ceux qui restent mobilisés des « agitateurs qui veulent l’insurrection et, au fond, renverser le gouvernement », selon le mot de Benjamin Griveaux. « Des foules haineuses », a osé le président de la République lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre, contre lesquelles, promet-il, « l’ordre républicain sera assuré sans