Hydroélectrique : trésor national ou machine à cash ?

Le gouvernement s’apprête à ouvrir au privé la gestion des barrages, en dépit des enjeux cruciaux qu’ils représentent. Une résistance discrète s’organise.

Erwan Manac'h  • 16 janvier 2019 abonné·es
Hydroélectrique : trésor national ou machine à cash ?
© photo : Le barrage de La Girotte, en Savoie. crédit : Alain Pellorce

Les cinq experts qui partagent une choucroute ce midi-là, dans les hauteurs d’un appartement grenoblois, montagnes en fond, ont fait connaissance il y a quelques mois à la faveur d’une campagne de lobbying un peu particulière. Trois météorologues, un expert en crues extrêmes et une environnementaliste, rejoints au besoin par des économistes et des mathématiciens, tous salariés d’EDF, ont monté une équipe mobile qui, des salons du Sénat aux permanences parlementaires, partagent depuis un an un torrent d’arguments qui feraient passer pour semi-fou un partisan d’une privatisation des barrages.

C’est pourtant bien ce qui est dans les tuyaux. La loi française l’impose théoriquement depuis 1993, EDF s’y est préparée et la Commission européenne a mis la France en demeure en octobre 2015, en la rappelant à son propre agenda : la gestion des 433 barrages français dont EDF a la « concession » doit être ouverte à la concurrence du privé ; EDF doit abandonner des parts de marché pour que des multinationales puissent s’immiscer dans une nouvelle guerre de l’eau qui ne fera que des gagnants, a grondé la Commission. C’est, d’ici à trois ans, 20 % du parc

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Économie Société
Publié dans le dossier
Services publics : L’Europe a bon dos
Temps de lecture : 11 minutes