Italie : Les migrants font tanguer l’alliance

Pour la première fois depuis près d'un an, la question migratoire semble provoquer une dissension au sein du gouvernement italien.

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À l’heure où les États européens se déshonorent un peu plus – refusant de laisser débarquer 49 réfugiés entassés sur deux petits navires d’ONG allemandes en pleine tempête –, la question migratoire semble provoquer une dissension au sein du gouvernement italien. Le ministre Luigi Di Maio, leader du Mouvement Cinq Étoiles (M5S), s’est démarqué de la ligne anti-migrants de son homologue à l’Intérieur d’extrême droite, Matteo Salvini (Ligue), en proposant d’accepter le débarquement des seuls femmes et enfants. Ce dont Salvini ne veut même pas entendre parler. Mais la timide déclaration de Di Maio a sans doute été motivée par le mécontentement croissant de l’aile la plus « progressiste » du M5S, qui s’est peu fait entendre durant les premiers mois du gouvernement d’alliance. Mais plusieurs reculs du M5S passent mal : le revenu de base raboté suite aux pressions de Bruxelles, l’autorisation de forages pétroliers en Adriatique, et l’approbation tacite des mesures contre les réfugiés prises par Salvini.

Enfin, un certain nombre d’élus locaux, déjà scandalisés par les poursuites contre le maire de Riace, petit village calabrais qui a accueilli des réfugiés, ont déclaré refuser d’appliquer les mesures les plus restrictives décrétées par Salvini. Notamment les édiles de Palerme, de Naples ou de Parme. Le président de la région Toscane, qui pourrait être rejoint par ses collègues d’Ombrie, du Piémont ou de Calabre, s’apprête, lui, à contester devant la Cour constitutionnelle le décret-loi Salvini…


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