Permis de mutiler

Castaner sait fort bien que ses troupes policière font « un usage excessif de la force ».

Vendredi dernier, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur d’Emmanuel Macron, a très sérieusement déclaré que « ceux » qui appelaient à manifester le lendemain pour l’« acte 9 » (1) du mouvement des gilets jaunes « sav(ai)ent qu’il y aura(it) de la violence » lors de cette nouvelle journée de mobilisation, et que « donc » ils auraient « leur part de responsabilité » dans cette violence.

Puis de préciser : « Que les choses soient claires. Au début, on pouvait dire : “Oui, mais y a des gens qui sont venus dans le groupe et qui ont cassé, c’est pas nous, on porte pas ça.” Demain, je le dis : ceux qui viennent manifester dans des villes où y a de la casse qui est annoncée savent qu’ils seront complices de ces manifestations-là. »

Ce qu’oyant, j’ai d’abord trouvé ce propos spécialement stupéfiant, car il est après tout assez rare, même dans une époque où il a déjà subi (2) tant et tant d’atteintes, qu’une si haute éminence gouvernementale exprime si distinctement, et par le moyen d’une si grossière filouterie, le mépris où elle tient le droit (et tout itou la liberté) de manifester. Mais ensuite (3) j’ai pensé qu’il se pouvait aussi que cette déclaration de Christophe Castaner soit plutôt le pudique aveu, détourné, que lui-même est rongé par la compréhensible culpabilité de ce à quoi il participe très directement ces jours-ci.

Il reste 58% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents