Algérie : Le peuple se soulève contre Bouteflika 5

À l’appel du mouvement Mouwatana, les Algériens ont brusquement et massivement défilé dans les rues. Du jamais vu depuis trente ans.

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Ils n’ont rien vu venir, les apparatchiks algériens qui verrouillent le régime (et ses prébendes) au fauteuil roulant de Bouteflika, annoncé comme candidat à un cinquième mandat alors que le Président est plus mort que vivant depuis son AVC en 2013. À l’appel du mouvement Mouwatana, les Algériens ont brusquement et massivement défilé dans les rues, à Alger, Oran, Tizi Ouzou, Blida, Médéa, Chlef, Annaba, Sétif, Béjaïa, Ouargla, Sidi Bel Abbès, Aïn Beïda… Du jamais vu depuis trente ans. Et malgré les déploiements de la police, surprise et débordée le premier jour, la colère monte dans tout le pays, dont la majorité de la population, âgée de moins de 25 ans, n’a jamais connu d’autre chef de l’État.

Le cinquième mandat n’est d’ailleurs que la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les manifestants réclament l’ouverture politique, la démocratisation, des libertés publiques, et notamment celle de l’information – des journalistes de la radio publique, interdits de couvrir les manifestations, ont pétitionné en réclamant le droit d’êtres des « journalistes du service public » et non des « journalistes étatiques ».

Les revendications sociales et économiques pourraient rapidement suivre, tant domine le sentiment que les richesses du pays sont accaparées par une petite clique. Le pouvoir a réagi comme à son habitude, en jouant sur le réflexe anti-islamiste et en invoquant la « décennie noire » des années 1990 : « Vous voulez revenir aux jours de sang et de larmes, et des maisons incendiées ? » Mais cet argument ne prend plus en Algérie. Mouwatana est en train d’agréger des artistes, des chercheurs et des universitaires pour réclamer « une Assemblée constituante » et une « Algérie démocratique pour tous les Algériens ».


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