Bien saignant

Guillaume Séverac-Schmitz et le collectif Eudaimonia modernisent La Duchesse d’Amalfi de Webster, guerre familiale en clair-obscur.

Shakespeare écrase tous ses contemporains, les Ford, Tourneur, Kyd, Middleton, Webster, et même les Jonson et Marlowe. Pourtant, on sait qu’à la seconde moitié du XVIe siècle et au début du XVIIe le théâtre anglais fut particulièrement fertile, dans un registre fort sanguinolent.

Quelques courageux reviennent à des auteurs oubliés de ce temps hanté par la violence. L’Odéon programme bientôt une Tragédie de la vengeance, un spectacle composite agencé par Simon Stone. Auparavant, le collectif Eudaimonia aura présenté à la Maison des arts de Créteil une Duchesse d’Amalfi de John Webster, qui fait actuellement l’objet d’une tournée.

La Duchesse d’Amalfi n’est pas une tragédie inconnue. Elle est reprise de temps à autre, sans doute parce qu’elle a le mérite de prendre le parti des femmes en plaçant une héroïne au cœur noble dans les tenailles d’un monde d’hommes ignobles. En tant que scénario, c’est un vrai mélo. Dans un duché du sud de l’Italie, le pouvoir est à partager entre une jeune veuve et ses deux frères. Ceux-ci interdisent à leur sœur de se remarier pour rester maîtres de la situation. Chacun a sa forme de cynisme, l’un n’ayant aucun respect de la vie des autres, l’autre raffolant du libertinage. Mais la duchesse est amoureuse d’un homme qui n’est pas de son rang et l’épouse en secret. Elle le paiera de sa vie, de façon particulièrement cruelle, car un espion a suivi chacun de ses pas. La fièvre meurtrière se poursuit ensuite. Il n’y aura pas qu’un cadavre sur le plateau à la dernière scène du dernier acte !

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