La géohistoire pour recadrer l’Europe

Le continent européen est le seul à s’être nommé lui-même, en même temps qu’il a imposé aux autres son découpage du monde. Pourtant, son unité interne et sa spécificité historique peuvent être relativisées.

Vincent Capdepuy  • 6 février 2019 abonné·es
La géohistoire pour recadrer l’Europe
© photo : L’Afrique est devenue le cadre du panafricanisme anticolonial sans que cela remette en question le découpage européen.Catherine. crédit : Leblanc/Godong/Leemage/AFP

Qu’est-ce que l’Europe ? À cette question, Paul Valéry avait répondu : « petit cap du continent asiatique ». D’une boutade, il remettait ainsi la puissance européenne à sa place. Du moins remettait-il en question ce qui semblait évident, voire naturel, en tout cas appris car ânonné en classe : « L’Europe est un continent. » Un des enjeux de la géohistoire – qui mixe l’histoire et la géographie – est précisément là : interroger des découpages géographiques a priori acquis et indiscutables car calqués à même la Terre, et qui s’avèrent en fait imaginés. On sait bien, grâce aux travaux de Martin W. Lewis et Kären Wigen, et à ceux de Christian Grataloup, que les continents sont des mythes. Cette

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