Le retour de la question sociale

Si les bataillons syndicalisés entraient dans la danse des gilets jaunes, le rapport de force serait tout autre.

Le mouvement des gilets jaunes a replacé la question sociale au cœur du débat public. Cela met à mal la thèse selon laquelle la lutte des classes autour du partage des richesses produites par le travail n’est plus l’élément moteur du débat politique. Défendue par celles et ceux qui refusent d’établir une hiérarchie entre les luttes, cette thèse est notamment soutenue par Chantal Mouffe (1), qui met la crise de la social-démocratie sur le compte de son attachement présumé à un « essentialisme social », consistant à « ignorer les demandes hétérogènes qui ne dépendent pas des classes ».

Il nous semble que c’est au contraire pour avoir délaissé la question sociale, sans négliger, au demeurant, les questions sociétales, que la « gauche » a fini par perdre son âme. Les gouvernements de « gauche » ont été, depuis 1983, directement responsables de défaites majeures infligées au salariat, qu’ils combattirent parfois frontalement. Ainsi s’explique le « dégagisme » dont cette « gauche » ne finit pas d’être victime.

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