Au-delà du corps et de l’esprit

Issu de l’univers du baroque, Vanasay Khamphommala pose dans Orphée aphone les bases de sa pratique queer de la scène.

La scène de théâtre, pour Vanasay Khamphommala, est le lieu de tous les antagonismes. Espace de jouissance d’autant plus forte qu’elle est interdite, elle permet le mariage entre le sublime et le trivial. L’expérience érotique y mène à la pensée et à la poésie. Ceux qui l’investissent avec lui doivent avoir l’ambition de « transphormer le monde », écrit l’artiste sur le dossier d’Orphée aphone, la première création de sa compagnie Lapsus chevelü. Ils doivent « déstabiliser les repères établis pour créer des beautés nouvelles ». Des merveilles qui se jouent de toutes les normes, à commencer par celles du genre.

C’est donc une vision queer de la scène que défend Vanasay. Cela dans l’ensemble du processus, depuis la production de ses spectacles jusqu’à leur représentation. Une démarche singulière qui ouvre de nombreuses alternatives possibles aux carcans actuels de la création théâtrale.

Alors qu’il opérait jusque-là dans une ombre relative, surtout en tant que dramaturge au CDN de Tours, c’est son Invocation à la muse qui fait connaître Vanasay Khamphommala en tant qu’auteur et metteur en scène. Créé l’été dernier au Festival d’Avignon dans le cadre des Sujets à vif, ce rituel qu’il réalise avec l’artiste queer d’origine afro-caribéenne Caritia Abell dit d’emblée son désir de rendre le théâtre perméable à d’autres cultures et pratiques. En l’occurrence à la BDSM (bondage, discipline et sadomasochisme), type d’échange sexuel qui nourrit chez lui un imaginaire mythologique. Et lui permet de vérifier le lien entre délires érotique et poétique, exposé par Platon dans Phèdre.

Il reste 73% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Le bac des uns et le bac des autres

Culture
par ,

 lire   partager

Articles récents