La mort à Damas

À travers l’histoire d’une jeune femme qui s’est suicidée, Chroniques d’une ville qu’on croit connaître, de Wael Kadour, revient sur les origines de la révolution syrienne et interroge sur les causes de son échec.

Autour d’un dallage de parpaings, unique élément de décor de Chroniques d’une ville qu’on croit connaître, Hanane El Dirani fait les cent pas. Comédienne, clown, marionnettiste et libanaise, elle incarne une jeune femme syrienne. Une prénommée Roula qui vient d’apprendre que sa meilleure amie, Nour – « lumière », en arabe –, s’est jetée par la fenêtre. À ses côtés, Tamara Saade, libanaise, assume le rôle de messager. En infirmière, elle raconte l’arrivée à l’hôpital de la défenestrée. Elle rapporte ses dernières paroles. Dit en quelques mots sa beauté et son désespoir. Sa mort enfin, qui plonge Roula dans une forme de torpeur, de prostration.

Roula est le personnage central de la pièce de Wael Kadour, auteur et metteur en scène syrien installé à Paris depuis 2016, après plusieurs années passées en Jordanie. Plus que l’histoire d’une disparition, Chroniques d’une ville qu’on croit connaître est donc celle d’un deuil. D’une douleur d’autant plus difficile à prendre en charge que Nour n’a rien laissé derrière elle, et que le contexte politique évoqué à demi-mot brouille toute certitude. La ville a beau n’être jamais nommée ni représentée, nous savons que nous sommes à Damas, à un moment où on réclame dans les rues la chute du régime en place. La fin de quarante ans d’autoritarisme.

Inspirée d’une histoire réelle, cette pièce qui nous ramène en 2011 est une tentative pour Wael Kadour et ses comédiens de « comprendre leur vie aujourd’hui en Syrie ou à l’extérieur », comme le formulait l’auteur sur la feuille de salle du Tandem, scène nationale d’Arras-Douai, où il a été accueilli en résidence avant d’y présenter sa pièce début mars.

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