Edmond Simeoni, « U babbu » de la nation corse

Après de longs entretiens avec Edmond Simeoni, Anne Chabanon livre une biographie mémorielle et intime du « père » de la revendication autonomiste.

Août 1975. Aleria, plaine orientale corse. L’une des plus grosses fermes viticoles, attribuée à un ancien pied-noir après son « rapatriement » d’Algérie en 1962, produit de manière intensive sur fond de trafics que les autorités préfèrent ne pas voir. Les viticulteurs corses s’estiment victimes de cette « colonisation agricole menée par la France ». Armés de fusils de chasse, une douzaine de militants, emmenés par Edmond Simeoni, dirigeant de l’Action régionaliste corse, occupent la ferme. Mais l’État choisit la manière forte : la ferme est encerclée par 2 000 gendarmes et des blindés, l’assaut est donné, les militants répliquent. Deux gendarmes sont tués, un autonomiste a un pied arraché. Malgré une campagne de presse en sa faveur, et le succès d’un livre, Le piège d’Aleria, écrit par sa femme Lucie, celui qui devient dès lors « u babbu » (le père) de la revendication nationaliste corse écope de cinq ans de prison (dont deux avec sursis) par la Cour de sûreté de l’État, juridiction politique d’exception. Quand il est libéré au bout de 18 mois, la Corse a bien changé. Le FLNC, mouvement armé clandestin, est né en 1976, et une « officine de police parallèle » du nom de Francia, liée au SAC, service d’ordre barbouzard du RPR, multiplie les attentats contre les militants nationalistes.

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