La fonte du permafrost, une menace toxique et infectieuse

La hausse des températures entraîne le dégel d’un sous-sol solide depuis des millénaires, qui contient du méthane, du mercure, mais aussi des bactéries et des virus oubliés ou inconnus.

Tout n’a pas été vain à Katowice. Des experts anglais, canadiens, états-uniens, norvégiens et français ont profité de leur présence à la COP 24, en décembre dernier en Pologne, pour relancer un thème qui les inquiète : les multiples conséquences de la fonte du pergélisol (permafrost en anglais). Cette couche de terre et de débris végétaux en partie décomposés, et souvent mêlée à des cristaux ou à des lentilles de glace, restait gelée en permanence depuis des dizaines de millénaires. Il y a une vingtaine d’années, ce sous-sol réputé solide comme du béton a commencé de fondre. Il est présent sur plus de 20 % des terres émergées, en Alaska, au Canada ou en Russie, et sa fonte s’accompagne de mouvements imprévus qui provoquent, par exemple, de nombreuses ruptures d’oléoducs entraînant des marées noires en Sibérie. Dans la toundra, en Russie comme dans le nord du Canada, d’énormes excavations souvent insondables se sont formées en surface. Et de ces failles s’échappent des millions de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre bien plus dangereux pour le climat que le gaz carbonique.

© Politis

Des spécialistes ont calculé que le pergélisol stockait ainsi 1 700 milliards de tonnes de méthane : une quantité de gaz à effet de serre deux fois supérieure à celle déjà accumulée dans l’atmosphère de la Terre. Le pergélisol cache aussi de grandes réserves de mercure, métal potentiellement toxique et qui pourrait contaminer les poissons et autres animaux marins, voire menacer la santé de l’homme. On estime que le pergélisol contient environ 2 millions de tonnes de mercure, susceptibles de répandre dans l’atmosphère des centaines de tonnes de méthylmercure, sa forme organique (1), composé gazeux toxique pour le système nerveux. En 2018, la revue Geophysical Research Letters a rapporté que le taux de mercure naturel retenu pour le moment par le pergélisol de l’Arctique était dix fois supérieur à la quantité de mercure produite par l’homme ces trente dernières années. Si les quantités de méthylmercure inhalées dépassent un certain seuil et une certaine concentration, la fonte du pergélisol pourrait avoir des effets létaux pour toutes les espèces vivantes.

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