Le dernier des esclaves

Un texte inédit datant des années 1930 dresse le portrait d’un des ultimes survivants de la traite négrière arrivés aux États-Unis en 1860. Un récit essentiel.

Été 1860. Un cargo quitte les côtes d’Ouidah dans l’actuel Bénin. La mission du capitaine, William Foster, est de ramener en Alabama une centaine d’esclaves. Foster est hors la loi. Depuis 1808, la traite vers les États-Unis est illégale. Toutefois, certains planteurs, dont un dénommé Timothy Meaher, réclament son rétablissement. Il y a plusieurs versions de cette histoire, mais l’une d’entre elles évoque un pari. Face à un New-Yorkais qui lui assure qu’aucun esclave ne peut accoster en Amérique, Meaher mise 1 000 dollars. Non seulement des esclaves accosteront, mais c’est lui et ses frères qui arrangeront leur voyage. Pour remporter son pari, Meaher choisit Foster. À bord de son bateau, le Clotilda, seront parqués les derniers esclaves africains menés aux États-Unis.

1927. Zora Neale Hurston, future romancière et figure de la Harlem Renaissance, est étudiante à l’université de Barnard à New York. Elle est l’élève de Franz Boas, l’un des fondateurs de l’anthropologie américaine. Lorsqu’elle découvre l’existence de Cudjo Lewis, dernier survivant du Clotilda, elle décide de partir en Alabama et de mener une série d’entretiens.

Pendant trois mois, Hurston rend visite à Cudjo. L’appelant par son nom africain, Olualé Kossola, elle lui explique : 

Je voudrais savoir qui vous êtes et comment vous êtes devenu esclave ; j’aimerais aussi savoir de quelle région d’Afrique vous venez, comment vous avez traversé vos années d’esclavage et comment vous vous en êtes sorti une fois libre.

En bonne anthropologue, Hurston prend son temps. Elle laisse s’instaurer des silences dans leur conversation, accepte d’être congédiée. Dans le livre, les interventions de Hurston et les expressions de Kossola sont retranscrites, et le lecteur assiste à une ethnographie, un portrait en train de se faire.

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