Les vieux amants

Bernard Lévy, porté par de grands acteurs, change la tonalité des Chaises de Ionesco.

Les personnages des Chaises de Ionesco sont un couple de personnes très âgées, on le sait. L’auteur leur attribue même 94 et 95 ans. Alors que les deux vieillards semblent n’avoir plus grand-chose à se dire, le mari est persuadé d’avoir fait mûrir en lui un message à proclamer à l’humanité tout entière. D’où le besoin de chaises : il faut asseoir tous ceux qui viendront écouter ce message et que le couple va voir débarquer de façon illusoire, saisi par une même hallucination et une soudaine mondanité. On a toujours monté la pièce de façon sarcastique. À l’origine, en 1956 (on peut en témoigner, car les créateurs, Jacques Mauclair et Tsilla Chelton, ont repris leur interprétation quarante ans plus tard), le jeu était sec, acariâtre, sans pitié.

Bernard Lévy, qu’on avait essentiellement vu sur le terrain beckettien (il a monté d’excellents Godot et Fin de partie), a un autre regard sur le guignol tragique de Ionesco. Pour lui et son copilote, le dramaturge Jean-Luc Vincent, ces deux épaves sont des amants toujours aimants.

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