Dossier : Europe : Comment désintoxiquer l'agriculture ?

Produire sans pesticides : « Aucun regret ! »

Se passer de produits phytosanitaires, c’est possible. Florence, Laurent et Olivier l’expérimentent dans leurs exploitations en pleine conversion bio, une période qui peut être très difficile financièrement.

Florence Gachet

Arboricultrice depuis vingt ans, 8 ha dans une coopérative de 70 ha, Corrèze

« Le bio arrive tout doucement dans les coopératives, même si ce n’est pas la politique générale. On essaie d’abord de trouver de nouvelles variétés plus résistantes, mais elles sont marketisées : il faut payer pour le plant, puis des royalties pour la commercialisation. En arboriculture, nous sommes les plus gros consommateurs de produits phytosanitaires : les fruits restent longtemps sur les arbres, hors récolte il faut quand même soigner les vergers, les outils de désherbage mécanique ne sont pas au point… Quand on diminue les pesticides, les fruits ont plus de défauts ; or, dans la grande distribution, le moindre défaut est pénalisé ou rejeté.

Je ne pouvais plus diminuer sans me retrouver en péril économique. Je suis donc passée en conversion bio, mais cette période est particulièrement difficile. Les aides sont ridicules comparées au surcoût, il y a un manque de mesures politiques et d’accompagnement. La conversion, c’est une double peine : on a le boulot du bio, mais sans le label et donc sans le prix. Ma production bio est vendue dans le circuit conventionnel, mais avec des défauts, donc mon kilo de pommes est payé 20 centimes contre 45 normalement. Avec le label, ce serait un euro le kilo. Et j’en ai encore pour quatre ans à convertir tous mes pommiers… C’est très difficile en ce moment. Ma coopérative veut faire machine arrière, mais moi, non. »

Laurent Bonin

Maraîcher depuis un an, 1,5 ha, Creuse

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