Saint-Martin : « Certains disent qu’Irma n’est jamais fini »

Un an et demi après le passage de l’ouragan Irma, l’île de Saint-Martin n’est pas encore reconstruite et les traumatismes psychologiques émergent. Une famille témoigne.

Vanina Delmas  • 18 avril 2019 abonné·es
Saint-Martin : « Certains disent qu’Irma n’est jamais fini »
© crédit photo : Martin BUREAU/AFP

Q ue s’est-il passé ? » Seule cette phrase anodine a pu franchir les lèvres de Cassandre lorsqu’elle et sa famille ont vu le toit et l’étage de leur maison emportés par les vents, leur terrasse recouverte de débris de charpente, de meubles, de vêtements… Le frigo de la cuisine est arrivé au bord de la piscine. Les volets roulants du salon gisaient dans le jardin du voisin. Comme après chaque tempête, tout le monde est sorti « pour voir ». Dimitri et Calypso, les plus jeunes, étaient encore en pyjama. Leur quartier de Concordia, près de Marigot, la préfecture de Saint-Martin, était défiguré. Comme toute l’île. « Chaque mètre parcouru nous plongeait dans un film de science-fiction », glisse Cassandre, 18 ans à l’époque. Dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017, l’ouragan Irma a balayé les Antilles et emporté onze vies sur cette petite île franco-hollandaise, « où tout le monde se connaît ». Ce monstre de catégorie 5 a soufflé jusqu’à 360 km/h et détruit 95 % du bâti.

Ayant vécu à La Réunion, en Polynésie française et en Guadeloupe, la famille Duranville-Martin n’est pas novice en matière d’ouragan, mais ils n’avaient jamais éprouvé de stress post-traumatique. La puissance d’Irma a tout -bouleversé. Apolline, l’aînée, et Magali Duranville, la mère, étaient en métropole à cette période-là. La première parce qu’elle y étudie pour devenir professeure d’histoire-géo, la seconde à cause d’un deuil. Elle devait prendre l’avion le 6 septembre justement, mais ne rejoindra sa famille que neuf jours plus tard.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

« Le nucléaire a contribué à faire croire que l’on pouvait avoir une croissance matérielle infinie »
Entretien • 16 septembre 2026

« Le nucléaire a contribué à faire croire que l’on pouvait avoir une croissance matérielle infinie »

Docteur en philosophie des techniques, Ange Pottin s’évertue depuis une dizaine d’années à montrer que l’industrie nucléaire est profondément ancrée dans la terre par ses impacts. Loin de la vision hors sol qu’elle veut nous vendre.
Par Vanina Delmas
Chez les Écologistes, pas de frictions sur la fission
Analyse • 16 septembre 2026 abonné·es

Chez les Écologistes, pas de frictions sur la fission

Face aux enjeux climatiques, les forces pronucléaires gagnent du terrain. Mais du côté des Verts, la ligne est infranchissable, tant l’opposition à l’atome est un combat fondateur de l’histoire du parti.
Par Lucas Sarafian
Nucléaire : les sirènes de l’énergie « décarbonée »
Analyse • 16 septembre 2026 abonné·es

Nucléaire : les sirènes de l’énergie « décarbonée »

L’urgence climatique fait vaciller les convictions sur le nucléaire au sein du mouvement militant écologiste. Mais c’est peut-être pour aller vers une nouvelle convergence des luttes.
Par Vanina Delmas
Incendies dans la forêt de Fontainebleau : « C’est un paysage lunaire »
Reportage • 14 septembre 2026 abonné·es

Incendies dans la forêt de Fontainebleau : « C’est un paysage lunaire »

Ce printemps-été 2026 a été une épreuve pour les forêts. 2 200 hectares de celle de Fontainebleau ont été brûlés. Le plus gros incendie depuis la Seconde Guerre mondiale. La faune et la flore, abîmées par les canicules à répétition, doivent encore résister à une sécheresse persistante. Reportage.
Par Céline Martelet et Maxime Sirvins