Dossier : Sortir des traités : L’Europe est-elle un carcan ?

Sortir des traités : La gauche frileuse

Les partis français critiquent beaucoup les traités européens. Au point de faire d’un retrait un préalable ? Pas vraiment.

Le défi est de taille. Coincée entre deux feux – celui des nationalistes et celui des libéraux – la gauche peine à retrouver une place. Que l’on soit écologiste et/ou humaniste, le problème reste le même : comment installer des idées de gauche là où les institutions mêmes ne permettent plus leur application ? La question tenaille la gauche française. Afin de mener campagne pour les européennes de mai, il faudra pourtant la trancher. Car, au sein de l’Union européenne, la gauche anticapitaliste ne peut plus proposer grand-chose… à moins de se défaire – plus ou moins drastiquement – des traités. Alors que la France insoumise (LFI) tient la corde (lire ici), les autres se font plus frileux, mais pas moins critiques.

« Les traités européens font la part belle au capitalisme. Ils font primer une vision concurrentielle de l’Union européenne, basée sur le libre-échange et une dépense publique toujours plus réduite », attaque Guillaume Balas, ancien eurodéputé socialiste désormais passé chez Génération·s. Ces mêmes textes, pourtant adoptés partout en Europe – en dépit du « non » français de 2005 – ,« figent les tares fondamentales d’une construction capitaliste », estime Vincent Boulet, animateur du réseau Europe du Parti communiste français. Mais, si le PCF se dit pour une remise en cause des traités européens « depuis 1957 », le sujet n’a jamais été aussi central qu’en 2019. Une nouveauté.

« Durant la campagne pour les dernières élections européennes, en 2014, la question des traités n’était pas dans notre programme », admet David Cormand, secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts et numéro cinq de la liste portée par Yannick Jadot. Un aveu que tous consentent à faire, y compris au sein du Parti socialiste – qui a pourtant adopté tous les traités et n’a pas essayé de les renégocier quand il en a eu l’occasion. « En 2014, c’était un thème marginal », confirme Sylvie Guillaume, eurodéputée socialiste et désormais deuxième sur la liste commune Place publique-Nouvelle Donne-PS.

Il reste 73% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Décote, départ à 64 ans, valeur du point… On vous dit tout sur la réforme des retraites

Éco/Social accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents