Dossier : Sortir des traités : L’Europe est-elle un carcan ?

Le « miracle » portugais

Le gouvernement a redressé le pays à rebours des préconisations de Bruxelles. Mais au prix d’options critiquées.

Déficit budgétaire, chômage, croissance… À la lecture des tableaux de bord macro-économiques, le Portugal non seulement revient de loin mais fait désormais mieux que plusieurs de ses voisins. En 2015, quand le socialiste António Costa arrive au pouvoir, les électeurs viennent de sanctionner le gouvernement de droite, qui a accepté une cure d’austérité équivalente en rudesse aux mesures imaginées par l’UE pour la Grèce. Le pays est au bord de la banqueroute et, en contrepartie d’un plan d’aide de 78 milliards d’euros, c’est une troïka – Banque centrale européenne, Commission européenne et FMI – qui dicte la feuille de route : flexibilisation du droit du travail, horaires accrus sans augmentation de salaire, retraites réduites, taxes et impôts en hausse, recul des dépenses publiques et privatisations, y compris dans la santé ou l’éducation. Près de 400 000 personnes émigreront, dont de nombreux jeunes, un exode de l’ampleur de celui qu’a connu le pays dans les années 1960.

En 2019, le gouvernement d’António Costa affiche une insolente réussite : le taux de chômage est de 6,7 %, contre 17,5 % en 2013, le salaire minimum est passé de 565 euros à 700 euros sur la même période (soit un gain de près de 24 %), la croissance a atteint 2,2 % en 2018 (mieux que l’Allemagne et la France). Une réussite souvent qualifiée de « miracle ». Non seulement par la rapidité du redressement, mais aussi par la méthode employée : Costa a pris des chemins de traverse, tournant le dos aux mesures d’austérité préconisées par Bruxelles. Au lieu de privilégier l’« assainissement » des comptes publics, le gouvernement a augmenté le salaire minimum et les retraites les plus basses, réduit la pression fiscale sur les salaires, allégé les heures de travail. La situation générale de la population s’est sensiblement améliorée, sous l’effet combiné des marges de manœuvre retrouvées par l’État après l’amère médication administrée par la troïka, de la hausse du pouvoir d’achat et de l’embellie économique au sein de l’Europe, destination première des exportations portugaises.

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