Un philosophe parmi les poilus

Jean-Christophe Blondel a puisé dans les textes dramatiques d’Alain sur la guerre de 14-18 pour monter un spectacle éclairant.

Le philosophe Alain ne figure plus aux places de tête du panthéon des penseurs. La postérité a été sévère avec lui. Cela n’empêche pas un jeune metteur en scène, Jean-Christophe Blondel, et sa compagnie, Divine Comédie, de faire, à partir de certains textes du philosophe, un spectacle substantiel et inattendu, Alain. J’avais un pays autrefois. Cette phrase, « J’avais un pays autrefois », l’auteur la fait dire à l’un de ses personnages, un poilu de 14-18, qui ajoute, dénonçant la stupidité de la guerre : « J’avais un pays, doux et bon pour y vivre, mais nous ne nous aimons plus. Il m’a oublié et je l’ai oublié. »

Alain, bien que quadragénaire au moment de la Première Guerre mondiale, s’est engagé dès 1914 pour défendre la France. Canonnier, il est blessé en 1916 et démobilisé l’année suivante. Refusant toujours d’être nommé au-delà du grade de brigadier, il abandonne son patriotisme naïf pour dire son effarement et la folie des combats. De cela, il témoigne dans un Journal (dont les chapitres ultérieurs seront gravement entachés d’antisémitisme à partir des années 1930), mais surtout dans deux textes dramatiques qui n’avaient jamais été joués, Vingt et une scènes de comédie et Le Roi Pot.

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