Une femme en roue libre

Un « solo anatomique » de Nathalie Fillion, servi par le jeu athlétique de Manon Kneusé.

Une jeune cycliste, cheveux et robe légère au vent, pédale à travers Paris. Mais la capitale est trop petite pour elle. Elle traverserait bien la France et le monde. Trop étroite pour elle, également, la pensée de ses contemporains. Ils sont trop tristes. Elle leur crie : « La vie est belle ! » Pourtant, tout lui montre que la vie n’est pas reluisante. Il y a des migrants, il y a Trump, il y a le prix de l’immobilier… Mais elle a la volonté et le don de s’émerveiller. Elle trouve admirables son intestin de huit mètres de long et le triangle parfait qui va de ses seins à son nombril. Elle a un ami avec qui les caresses se font sous un toit de Paris, mais il ne doit pas voir souvent cette pédaleuse infatigable. Elle descend de vélo pour faire ses ablutions, crier, danser en dehors de tous les codes en usage. Au dernier moment de la pièce, sa phrase sera suspendue, incertaine, cassée, mais pas sa course qui dessine de l’allégresse dans un monde où la joie est à réinventer de toute urgence.

Il y a dans cette jeune femme du Victor selon Vitrac (vous savez, cet insolent qui se moque des bourgeois le jour de ses 9 ans, jusqu’à en mourir) et de la Zazie dans le métro de Queneau, qui balance des inconvenances aux passants.

Il reste 54% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Le bal des petits pompiers

Sur le vif accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents