« Fauves », de Wajdi Mouawad : des blessures jamais guéries

Dans Fauves, tragédie mêlant futur et passé, Wajdi Mouawad change de style narratif mais garde son langage amoureux des êtres humains.

À propos de sa nouvelle pièce, Fauves, Wajdi Mouawad nous dit qu’il a changé d’écriture. Dans sa longue quête d’une langue et d’une structure adaptées à la mise en forme de ses hantises, il précise être arrivé à une création en « double hélice » et à « construire dans la déconstruction ». C’est vrai, en effet, que des scènes se répètent à l’identique, jusqu’à ce que quelques détails les fassent résonner différemment, comme chez Fosse ou Zeller, et – cela est réalisé d’une manière plus inédite – que l’histoire avance en même temps dans le futur et dans le passé. Pourtant, nous retrouvons partiellement le Mouawad ­d’Incendies, des sagas qui déroulent les violences guerrières et sociales du monde contemporain avec la volonté de donner une dimension ample et romanesque à la forme de la tragédie telle que l’avaient fixée les Grecs de l’Antiquité.

Au centre de la pièce, un cinéaste dont la vie se passe à la fois à Montréal et à Paris. Il a des relations difficiles avec son ­entourage et ses acteurs. L’« hélice » du récit nous fait remonter à sa mère, à son père et à une galerie de personnages. Il y a eu, dans cette génération, le passage d’une femme à l’autre et, à l’origine de la souffrance de tous, un viol dont la violence traumatique se transmet comme une malédiction dont on ne triomphe jamais. Il y a eu des trahisons terribles et deux enfants changés de foyer à leur naissance.

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